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Élodie Fontan : un parcours d'actrice




Alibi.com 2 connait un beau succès en salles. Depuis le début, je suis la carrière d'Élodie Fontan de près car pendant plusieurs année, j'ai travaillé avec elle en coaching. Voici quelques impressions d'une belle rencontre.



Une détermination à toute épreuve


Née à Bondy en Seine-Saint-Denis, le 9 juillet 1987, Élodie débute très jeune dans des publicités pour Nissan, Quick, Euro Disney. Elle a tourné enfant, en 1996, dans Le plus beau métier du monde de Gérard Lauzier, aux côtés de Gérard Depardieu et de Michèle Laroque.


C'est une jeune comédienne que j'ai rencontré autour de 2008, alors que j'animais des ateliers face à la caméra, à Paris. Elle avait déjà l'expérience des tournages mais souhaitait se perfectionner. Tout d'abord, j'ai été frappé par son humilité ; toujours souriante, attentive, bosseuse.


Rigoureuse, comprenant immédiatement les demandes de réalisation, elle acceptait les rôles et les entrainements avec le même enthousiasme, fonçait tête baissée pour aborder un texte très écrit, mais aussi une improvisation "à l'arrache" tournée dans la rue. J'ai toujours procédé de cette façon : faire travailler des textes à la virgule près, puis passer en mode freestyle à partir d'un pitch imaginé dans l'urgence. "Vas y tu n'as qu'une prise, pas de répétition ; prends le temps de te concentrer et donne le maximum."


Élodie aimait relever tous ces défis ; derrière sa douceur, il y avait une énergie de combattante - elle est sportive, téméraire. Elle acceptait chaque proposition sans rechigner, avec beaucoup d'humour, là où d'autres hésitaient à l'idée de sortir de leur zone de confort. C'est ce qui m'a marqué le plus chez elle : l'aisance, la facilité à se plonger dans une situation comme on saute dans le vide. A chaque fois, elle retombait sur ses pieds, amenait l'émotion juste et savait surprendre.


A cette époque, je démarrais et c'est en travaillant à ses côtés qu'il y a eu des déclics : une sorte d'émulation réciproque. Ca m'a permis d'aller plus loin dans l'accompagnement des acteurs, de m'intéresser aux enjeux scénaristiques, aux questions de backstory, au réalisme, en étudiant de près les films de Ken Loach ou des frères Dardenne - de mettre en place une méthode personnelle dont je me sers encore aujourd'hui, avec les comédiens et dans mes projets personnels. Cette rencontre a été déterminante.


Qu'est-ce qui distingue un acteur destiné à réussir d'un autre ? Il y a bien souvent un mélange de simplicité et de détermination sans faille. Je garde en mémoire cette lueur de malice dans son regard - je la retrouve aujourd'hui dans ses films : c'est toujours la même actrice, à la fois accessible, pudique, audacieuse, et casse-cou. Il y a ce petit plus indéfinissable qu'on ne retrouve pas chez d'autres.

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Même si elle prenait plaisir à la comédie, Élodie était plutôt attirée par les rôles dramatiques. J'étais à mille lieux d'imaginer le tournant que prendrait sa carrière, par la suite. Elle avait cette facilité à se plonger dans des émotions vives, ne retenait pas ses larmes. Ca durait encore un peu après la prise, puis elle souriait, prête à repartir pour une nouvelle aventure.


Notre collaboration a duré quatre ans et tout s'est déroulé avec ce même plaisir renouvelé. Par la suite, je suis resté attentif au déroulement de sa carrière. Elle ne cessera d’enchainer les rôles dans de nombreux téléfilms comme : Marie Humbert, des séries : Clem, ou R.I.S Police scientifique.




La reconnaissance et le succès


Elle a poursuivi avec des longs-métrages : Babysitting 2, ou Alibi.com de Philippe Lacheau, On peut également l'entendre dans le doublage Français de To Rome with love de Woody Allen. En 2014, Élodie a été choisie pour jouer le rôle de "Fanny" dans le film Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron. Le film rencontre un grand succès auprès du public français et devient le deuxième plus grand succès de l'année en France. Ce long-métrage a été un tournant dans sa carrière, elle est devenue l'une des actrices les plus demandées du cinéma français.


Dès lors, Élodie a enchaîné dans des films tels que Mission Pays Basque (2017). Elle a également joué dans Nicky Larson et le Parfum de Cupidon (2019), où elle incarne le personnage de Laura Marconi.


Toutes ses qualités d'actrice sont à l'écran, elle possède une capacité à se glisser dans un personnage, à nous le rendre familier comme s'il s'agissait d'une amie. Ce tournant dans la comédie correspond à sa nature méticuleuse, à son sens de la précision et du rythme. C'est ce qui m'avait interpelé dès le départ : son professionnalisme, mais avec un naturel rare qui semble aller de soi, alors qu'en réalité, cela demande beaucoup d'efforts. Peu d'acteurs parviennent à donner cette impression d'aisance : chaque rôle, elle se l'approprie comme une seconde peau.

Aujourd'hui, le succès d'Alibi.com 2 est le fruit d'un travail d'équipe au sein d'une troupe unie comme l'était le Splendid. De film en film, on prend plaisir à revoir ces acteurs : il y a chez eux une générosité, un grain de folie qui déclenche le rire et le public ne s'y trompe pas.


Pour Élodie, beaucoup de chemin a été parcouru en quelques années. A travers ses personnages, je revois toujours la jeune fille que j'ai connue : elle a conservé intact ce plaisir de tourner.





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